Série de trois estampes en fibres de chanvre formant un paysage abstrait, où la matière imprimée crée des variations de relief et de texture sur papier.

EDITION — Paysage Chanvre : faire émerger le paysage dans la matière

Marie Gaillac

Dans l’atelier, il y a souvent des ouvrages en fibres construits qui restent entreposés, dans l’attente d’un projet, d’une intention d’impression.

Parfois, ils sont oubliés durant plusieurs mois, jusqu’au jour où un grand ménage, une réorganisation ou un simple déplacement les fait resurgir d’un amas de fibres entassées.

C’est souvent à ce moment-là qu’ils trouvent une écriture plus juste — une forme qui s’impose parce qu’elle entre en résonance avec une impression, une émotion ou une lecture récente.

Série de trois estampes en fibres de chanvre formant un paysage abstrait, où la matière imprimée crée des variations de relief et de texture sur papier.

C’est le cas de Paysage Chanvre, une série d’estampes en trois fragments, réalisée à partir de l’impression d’un ouvrage tissé en fibres de chanvre.

Au moment de l’impression, les formes issues de la matrice se sont imposées comme des paysages.

Estampe réalisée à partir de fibres de chanvre, où la matière imprime un paysage abstrait aux reliefs marqués sur papier.

Des lignes d’horizon, des reliefs, des masses sont apparus dans le papier, au cœur même de sa fibre, l’embossant jusqu’à rendre presque palpable une chaîne montagneuse.

À ce moment-là, je lisais Passagère du silence de Fabienne Verdier.

Le lien s’est fait immédiatement.

Les montagnes du Sichuan décrites dans le livre ont fait écho aux empreintes — non pas comme une illustration, mais comme une manière de lire ce qui était déjà là, contenu dans la matière.

 

 

Le chanvre joue un rôle essentiel dans cette apparition.

Fibre brute et dense, il imprime le papier avec force.
Il marque, tranche, révèle des structures nettes, presque minérales.
La matrice en chanvre devient ainsi un outil de révélation du paysage.

Estampe réalisée à partir de fibres de chanvre, où la matière imprime un paysage abstrait aux reliefs marqués sur papier.

Il ne s’agit pas de représenter un paysage, mais de le laisser émerger, et de reconnaître, dans l’organisation de la fibre, des formes qui s’imposent d’elles-mêmes.

Chaque estampe devient alors une surface à parcourir, un territoire à interpréter — entre paysage et matière.

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