PROCESSUS — De la fibre à l'empreinte : mon processus
Marie GaillacShare
Mes oeuvres s’inscrivent dans une recherche d'empreintes textiles contemporaines, où la fibre devient matrice.

Dans mon travail, tout commence par la construction d’une trame.
C'est un geste lent, précis, presque obsessionnel.
Je noue, je tisse, j’assemble les fibres naturelles — jute, coton, laine, lin — pour créer un ouvrage. Chaque choix compte : la nature du fil, sa texture, sa tension, la manière dont il se croise ou résiste.
Ce temps de fabrication est un temps de maîtrise.
Un temps étiré, répétitif, dans lequel le geste s’ancre et se structure.
Puis vient l’impression.
L’ouvrage en fibre change alors de statut. Il devient matrice.
Un outil dont la fonction est de révéler son empreinte.
Contrairement à la lenteur du tissage, l’impression est un moment rapide, un moment de bascule.

Je pose la trame sur le plateau de la presse, j’encre, j’imprime — et à cet instant, quelque chose m’échappe. Le geste se relâche, laisse place à l’imprévu. L’empreinte apparaît, toujours singulière, chaque fois différente.
C’est dans cette tension entre contrôle et lâcher-prise que mon travail prend forme.
L’impression me permet de mettre à nu la structure interne de la trame.
Elle me permet de révéler ce qui, dans l’ouvrage, n’était pas immédiatement visible : un squelette, une organisation cachée qui s’inscrit au cœur du papier.
Chaque estampe est alors la mémoire d’un geste, la trace d’un objet, d’un temps, d’une matière.

Dans mon travail, la fibre n’est jamais figée.
Elle circule d’un état à un autre :
du fil à l’ouvrage, de l’ouvrage à la matrice, de la matrice à l’empreinte.
C’est ce mouvement que j’explore.
Un langage en transformation constante, où les empreintes textiles deviennent mon écriture.
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Marie Gaillac — Atelier SOUSPRESSE